Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 18:48

 

Un extrait montrant l'arrivée de la suite de Didon, au moment de la découverte de l'emplacement de la future Carthage.

 

Un spectacle du Chœur Emelthée et de l'Ensemble Boréades associés.

Par Ensemble Boréades
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Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 17:33
Didon folle de douleur.
Claudine Charnay et Julia Gaudin, dans Invitation à Carthage : l'Edification de Didon.
Ensemble Boréades et Chœur Emelthée associés.




Par Ensemble Boréades - Publié dans : Vidéo
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 19:16

 

 

Lorsque la rumeur publique rattrape une reine, ses fidèles sont là "pour t'épauler, t'épauler, pour te faire, te faire, pour t'édifier, t'édifier, Didon".


Un spectacle du Chœur Emelthée et de l'Ensemble Boréades.

Par Ensemble Boréades
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 18:13

Jeudi 3 février 2011, Médiathèque de Saint Genis Laval (69) à 19h30


L'Edification de Didon ou comment la reine Didon reconquiert le pouvoir après en avoir été écartée…

Par Ensemble Boréades
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 17:36
L'arrivée des tyriens exilés, découvrant leur terre d'adoption.
Extrait de Invitation à Carthage : l'Edification de Didon.
Chœur Emelthée et Ensemble Boréades associés.




 
Par Ensemble Boréades - Publié dans : Vidéo
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Argument

La vie tumultueuse de Didon, avant sa rencontre avec Enée…
 
Didon, fille du roi de Tyr –ville côtière de l’actuel Liban– perd son mari Sychée,
assassiné par son frère Pygmalion. Elle quitte alors Tyr, traverse la Méditerranée
en s’arrêtant à Chypre, pour aller fonder Carthage –actuelle Tunis– où elle
rencontrera, selon la légende le guerrier Troyen Enée…

L’édification de Didon relate la marche vers le pouvoir de la reine Didon en trois épisodes chantés, mis en musique et joués.

Un spectacle fruit de la collaboration entre le Centre de la voix Rhône-Alpes et l’Ensemble Boréades, équipe artistique associée pour la création de “Didon et Enée” au Festival d’Ambronay 2007. Invitation à Carthage est aussi un prologue à l’opéra de Henri Purcell “Didon et Enée”.


Argument

L’édification de Didon est un prologue à un épisode devenu légende : celui de la rencontre fatale entre la reine de Carthage, Didon et le navigateur troyen Enée. Évoqué en détail par Virgile dans son Enéïde, cet épisode a servi de trame à l’opéra de Purcell écrit en 1689 et simplement titré « Didon et Enée ». Dans cet opéra, Enée accoste à Carthage où il séduit puis abandonne Didon, pour aller fonder Rome, suivant non pas son amour, mais la volonté des Dieux. Didon trahie, humiliée se suicide. Si Virgile suit pas-à-pas le parcours de son héros Enée, il n’évoque que de manière très sommaire la vie de Didon avant sa rencontre avec Enée. Or quelle fût donc la vie de la fondatrice de la très puissante Carthage ?

L’édification de Didon relate la vie de Didon en trois moments clés. L’assassinat de son mari, un premier drame qui remet en cause son rôle d’héritière du trône de Tyr, sa ville natale. Anéantie, Didon décide, sur les conseils de sa sœur Anna, de fuir Tyr. Prenant la mer sur ses bateaux, accompagnée d’une suite modeste de fidèles
indéfectibles, elle fait escale à Chypre pour embarquer des jeunes filles. Elle traverse alors la Méditerranée
et gagne les côtes de l’actuelle Tunisie, où elle fonde Carthage sur les terres du seigneur local Yarbas, qui ne tarde pas à la demander en mariage. Peu attirée par Yarbas, Didon semble attendre un impossible amour, quand Enée aborde Carthage.

L’édification de Didon est un spectacle conçu sur le modèle du « mask » anglais, alternant paroles et musiques. Cette forme brève pour 3 instrumentistes et petit chœur, puise dans le répertoire de Purcell.
L’édification de Didon retrace ainsi la vie très tumultueuse d’une femme qui balance entre la fidélité à l’amour et son goût du pouvoir. Ce personnage historique devenu mythique a inspiré de très nombreux
artistes, de l’Antiquité à nos jours, mais qui ont concentré leur regard sur la rencontre entre Didon et Enée plus que sur sa vie.

L’édification de Didon est un spectacle autonome qui permet une initiation à l’opéra. Il est aussi un passage,
permettant de préparer l’écoute de Didon et Enée de Purcell. La création de Didon et Enée, dirigée par
Marie-Laure Teissèdre et mise en scène par André Fornier, a été présentée sous chapiteau par la même équipe artistique les 27, 28 et 29 septembre 2007 au Festival d’Ambronay. Elle est ensuite partie en tournée en Région Rhône-Alpes sur la saison 2008.



Note d'intention

Note d’intention

Quel peut être le sens de s’intéresser aujourd’hui à un personnage, qui a suscité une telle postérité
artistique et sur qui tout semble avoir été dit ? Tout d’abord, il y a eu le plaisir de découvrir que la vie de
Didon est demeurée vierge, ou quasiment, de toute extrapolation artistique. Son parcours est esquissé dans l’Énéïde mais ce qui intéresse avant tout Virgile et l’ensemble des artistes qui ont abordé Didon, c’est l’acmé
de son existence, ce moment merveilleux et fatal où Didon accepte à nouveau l’amour, pour le perdre
presque aussitôt, ainsi que sa vie. Autrement dit, l’histoire de Didon est une terre inconnue, qui se prête merveilleusement à la fiction en raison même de l’épaisseur du personnage.

Invitation à Carthage ou l’édification de Didon permet ainsi de retracer une vie dont on s’aperçoit qu’elle
commence comme elle s’achève, par la fin d’un amour. Didon perd en effet son mari (Syché) sous les coups de son frère (Pygmalion) et semble alors vouloir renoncer à la vie, jusqu’à ce que sa sœur (Anna)
parvienne à lui montrer qu’elle peut surmonter sa douleur en fondant une ville nouvelle, loin de son tyran de frère. Cette problématique a de nombreuses résonances contemporaines. La première étant sans doute la
présence d’une femme au pouvoir : quels sont les ressorts de son ambition, à quoi doit-elle se confronter pour réaliser son projet ?

Dans le cas de Didon, il m’a semblé intéressant de montrer à quel point le pouvoir a besoin d’un nom, d’une
incarnation, mais aussi à quel point l’individu qui l’incarne est le produit d’un entourage, d’une équipe dirait-on
aujourd’hui. En ce sens, le sous-titre –L’édification de Didon– reflète cette option qui veut démythifier l’idée de pouvoir absolu. C’est bien ce parallèle entre la « construction » d’une ville nouvelle et celui d’un pouvoir, qui préside à l’élaboration d’Invitation à Carthage.

Plus précisément, L’édification de Didon, s’appuie sur 3 personnages principaux. D’une part Didon, d’autre
part Anna, sœur de Didon et conseillère et un Éditorialiste, qui incarne le chœur antique. Tous ces
personnages sont représentés par plusieurs interprètes pour exprimer l’idée d’une élaboration collective
du pouvoir. Ainsi, le rôle de Anna est-il tenu par plusieurs comédiennes chanteuses. De même, les mots de
l’Éditorialiste sont-ils dits par plusieurs intervenants.

Enfin, le spectacle se compose de trois parties équivalentes, la chute de Didon, la traversée de la
Méditerranée, la construction de Carthage, trois lieux et trois moments permettant d’associer le public et éventuellement de proposer un spectacle déambulatoire. Les spectateurs formant de fait cette petite troupe de fidèles qui suit Didon dans sa folle échappée.

Pierre-Alain Four



Programme musical

Programme musical

L’ensemble du répertoire joué pendant ce spectacle a été choisi dans la musique écrite par Henry Purcell (musique en extraits, par ordre d’apparition dans le spectacle) :

    Acte I

    «Man that is born», extrait de Funeral sentences for the Queen Mary
    «While thus we bow, all dismal sounds», extrait de Music for the Queen Mary
    «Why should man quarrel», extrait de The Indian Queen
    «In hell, in hell», extrait de The Tempest
    «What flattering noise is this», extrait de The Indian Queen
    «Dry those eyes», extrait de The Tempest

   
    Acte II

    Sonate en trio n°1, mouvements 1 et 2
    Sonate en trio n°1, mouvements 3 et 4
    «Come unto the yellow sands», extrait de The Tempest
    «Full fathom», extrait de The Tempest
    Sonate en trio n°2, mouvements 5 et 6
    Sonate en trio, lacrimae


    Acte III

    «Strike the viol», extrait de Music for the Queen Mary
    «Sound the trumpet», extrait de Music for the Queen Mary
    «Around we pace», extrait de The Tempest
    «I come to sing great, extrait de The Indian Queen
    «How happy are we», extrait de The Indian Queen
    «We spirits of the air», extrait de The Indian Queen
    «The man that such a blessing», extrait de Music for the Queen Mary
    «No stars again shall hurt you», extrait de The Tempest
    «Halcyon days», extrait de The Tempest



Extraits du texte

Extraits du texte

Éditorialiste (plusieurs voix) : Didon pleure de douleur. Didon pleure de rage. Didon pleure son destin volé. Didon pleure. Hurle dans le secret de sa demeure. Appelle sans plus voir la mer, dans son palais aux fenêtres aveuglées. Elle est à l’abri des regards mais dans la pensée de chacun. Partout à Tyr on sait que Pygmalion a tué son mari et pris son trône. Vous ! Vous qui passez en bas de ces murailles, vous vivez le chagrin de Didon.Vous ensevelissez le palais sous les fleurs et sous vos messages de soutien. Vous dites ce malheur injuste. Vous vous affligez : Elle qui se voyait reine et Elle qui n’est plus rien.

Didon : Tu n’as rien vu, tu ne sais rien. Tu ne sais rien de Sychée, tu ne sais rien de moi, tu ne sais rien de Sychée et de moi.

Anna : Tu es ma sœur, je sais ton chagrin.

Didon : Rien, tu ne sais rien.

Anna : Je comprends ta douleur.

Didon : Tu ne comprends rien. Tu ne peux pas comprendre : tu n’as jamais aimé.

Anna : (silencieuse)

Didon : Tu conçois et tu ne ressens rien.

Anna : Didon…

Didon (plus calme, moins violente, à elle même) : Je suis arrivée quand il partait. Il n’a pas eu le temps de me dire adieu. Dans mes bras. Disloqué. Il est (elle articule en silence le mot « mort ») sans un mot.

Anna : Ne gratte pas ta plaie.

Didon : Les gardes de Pygmalion sont arrivés et ils me l’ont pris sans un regard. Aux chiens. Aux chiens tu m’entends, aux chiens ils ont jeté son corps.

Anna : Évacue tout ça.

Didon : Mon père ? Disparu ! Mon mari ? Assassiné ! Mon frère ? Meurtrier !

Anna : Pygmalion n’est plus notre frère.

Didon : Vengeance ! Anna ! Je veux vengeance !

Anna : Non, Didon, pensons à nous protéger, avant tout. Maintenant que nous savons ce qu’il a fait,
il voudra nous faire taire. Reste cachée.


Didon : Il m’observe. Je le tuerai. Il m’épie. Je mettrai son sang sur mes mains.

Anna : Tu es comme une enfant. Viens près de moi. Ne lui donne pas la joie du spectacle de ta douleur.

Didon (en murmure) : Noooonnn.


Anna : Sépare ta colère de ton chagrin. Pleure. Pleure, mais ne crie pas.

Didon (qui s’effondre) : Noooonnn.

Éditorialiste (plusieurs voix) : L’anéantissement de Didon contamine votre vie et pourrit vos esprits. Et, vous ?
Vous ! Qui pleurez son malheur autant que votre fils disparu ! Son malheur autant que votre mari noyé en mer ! Qui pleurez autant que pour votre femme morte d’infection ! Vous n’avez d’autre image que les murs de ce palais endeuillé, vous voudriez voir votre reine sur ses genoux, tordue de douleur. Trop d’imagination ! Allez ! Vaquez à vos vies, allez à ce qui vous préoccupe : et laissez la ! Ne vous oubliez plus.

 
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